Pachinko

Autrice : Min Jin Lee
Année de publication : 12 janvier 2021
Editeur : Charleston
Catégorie : Historique
Nombre de pages : 623

« Début des années 1930. Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attention d’un riche étranger. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d’autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, une « épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu’elle connait à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon. Cette décision est le point de départ d’un douloureux exil qui s’étendra sur huit décennies et quatre générations. »

Pachinko est une histoire passionnante à propos des Zainichi, ces Coréens qui ont émigré au Japon pendant la période coloniale. Un terme également attribué à leurs descendants, plusieurs générations après. Ces Coréens qui, bien malgré eux, étaient maltraités. Des emplois interdits, des logements dans des quartiers miteux, des discriminations, des enfants rejetés par les autres à l’école, et plus encore… Une majorité de Japonais les qualifient de sales et ne les supportent pas. Le Japon ayant annexé la Corée en 1910, les Coréens ont vu leurs taxes augmenter et, pour beaucoup, le Japon était leur refuge. Il est terriblement éprouvant d’être face aux cruautés subites par les Coréens. Finalement, au Japon ils vivaient dans des conditions déplorables, en Corée du Sud ils mourraient de faim et en Corée du Nord ils se faisaient tuer. Evidemment, nous faisons aussi face aux inégalités entre les Coréens aisés et ceux qui tentent de survivre. Le manque cruel d’argent a été terrible. Qu’étaient-ils censés faire ?

La condition des femmes Coréennes est également mise en avant. Un mot revient souvent : go-saeng, qui signifie que le destin d’une femme est de souffrir. Cela en dit long sur la place et le rôle attribués aux femmes. Elles s’occupent de l’entretien du foyer, des enfants et sont soumises à leur mari, seul décisionnaire. L’histoire, qui se déroule sur quatre générations, nous montre l’évolution des mentalités avec une liberté réclamée de la part des femmes.

La plume de Min Jee Lee est tranchante ! Elle reflète à merveille les difficultés des Zainichi et la condition des femmes à travers une histoire grandiose et captivante. Toutefois, une certaine pudeur se fait ressentir dans l’écriture puisque la part donnée aux sentiments et à l’expression des émotions est assez réduite. Les chapitres courts sont efficaces et nous sommes faces à un vrai page-turner. Il est nécessaire de bien porter son attention sur les dates au début de presque tous les chapitres. L’histoire avance plus ou moins vite et, au départ, cela peut être déroutant. Le lien entre l’histoire et le titre du roman n’apparaît que tardivement mais, à bien y réfléchir, correspond tout à fait.

Enfin, l’apport historique est réellement fascinant. Personnellement, mes connaissances historiques quant à la Corée et aux relations entre la Corée et le Japon, jusque-là réduites, ont beaucoup évolué. J’aurais aimé un peu plus de détails sur la partition de la Corée ayant eu lieu en 1945 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je sais seulement que les Américains occupaient la Corée du Sud et les Soviétiques la Corée du Nord.

Pachinko est une fresque familiale passionnante et surprenante qui nous emporte, nous bouscule et nous permet d’ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure. Grandiose !

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2 commentaires sur “Pachinko

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