Belgravia

 

Auteur : Julian Fellowes
Année de publication : 1er juin 2017
Edition : 10/18
Catégorie : Historique
Nombre de pages : 523

« 15 juin 1815. Tandis que les troupes de Napoléon sont en marche, la jeune Sophie Trenchard ne peut cacher sa joie. Issue d’une famille d’intendants, la voilà invitée au bal de la duchesse de Richmond, l’événement qui réunit la plus brillante société de Grande-Bretagne à Bruxelles. Elle espère surtout y croiser le beau Edmund Bellasis, le meilleur parti du moment. Mais la soirée est interrompue par l’annonce d’une bataille imminente : Waterloo. Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard se sont installés à Belgravia, bastion londonien de l’aristocratie. Mais un scandale passé menace leur insolente réussite… »

L’histoire se déroule en 1841, à Londres, où les Trenchard sont venus s’installer après la guerre Napoléonienne. Mais un secret de famille bien gardé depuis vingt-ans par ces derniers menace d’être découvert. Pour sauvegarder leur réussite si durement acquise, James Trenchard décide de tout mettre en oeuvre pour empêcher un scandale et protéger sa famille.

James Trenchard est un homme ambitieux et rêveur qui cherche à gravir les échelons de l’ordre social sans se rendre compte de ses manières maladroites. Fils d’un vendeur ambulant, il ne lui est pas facile de se faire un nom. Ses compétences dans le monde des affaires et son ancien métier de fournisseur lui permettent une ascension fulgurante lorsqu’il arrive à Londres, peu après la guerre de Waterloo, et se lance dans l’immobilier. Il réussit à s’associer à deux frères ingénieux et la construction de quartiers entiers qui s’en suit permet sa réussite.
Anne Trenchard, femme de James Trenchard, est une femme discrète, réfléchie et calme. Tandis que son mari ne rêve que de reconnaissance, Anne souhaite une existence paisible mais se soumet aux mondanités pour le bon plaisir de James. Bien que celle-ci paraisse ne pas avoir le courage de contredire ou d’affirmer ses opinions, nous découvrons une véritable personnalité au fur et à mesure du roman.
Susan Trenchard, femme d’Olivier Trenchard, lui-même fils de James et Anne Trenchard, a une réelle évolution tout au long de l’histoire. Au départ, elle se montre désireuse d’intégrer la plus haute société et joue de ses caprices pour arriver à ses fins. Alors qu’en réalité, il s’agit d’une femme ingénieuse et manipulatrice qui sait comment obtenir ce qu’elle souhaite. Je l’ai trouvée particulièrement intéressante et ai beaucoup apprécié de découvrir ce personnage.
Caroline Brockenhurst est une femme froide et hautaine qui ne semble penser qu’à ses intérêts. Au fil du roman, on lui découvre une intelligence remarquable et une gentillesse – mais qui reste toujours discrète, il ne faut pas en demander trop ! A mon sens, elle est ce genre de personnage que l’on aime et déteste à la fois. Elle est assez impressionnante par son ingéniosité et son audace.
N’oublions pas Charles Pope, ce jeune homme honnête, sincère et gentil – parfois trop – et aux grandes ambitions alors qu’il ne part de rien.

Quant aux personnages particulièrement détestable, j’en ai relevé trois en particulier.
Olivier Trenchard est égoïste, sans ambition et sans aucune reconnaissance envers son père qui se démène pour lui faire une place dans le monde des affaires. Il est de ceux qui souhaitent obtenir le beurre, l’argent du beurre et la crémière.
John Bellasis, neveu de Caroline Brockenhurst, est un odieux individu qui n’agit que pour ses propres intérêts. Il n’a aucun coeur, manipule à tout va et manque cruellement de manières. A cette époque où les hommes se devaient d’être de parfaits gentlemen, John en est à l’opposé.
Stephen Bellasis, père de John Bellasis et petit-frère du mari de Caroline Brockenhurst, ne fait pas partie des personnes principaux mais m’a suffisamment marqué pour que j’en parle. Celui-ci se désole de ne pas avoir reçu le domaine, l’argent et le titre de son frère. Il cache son malheur dans son addiction au jeu. Il se retrouve sans arrêt avec des dettes sans même penser aux risques qu’il prend. Il est un pleurnicheur qui ne fait rien pour avancer.

Les personnages de Julian Fellowes sont très travaillés, à mon sens, et leur personnalité se dévoilent petit à petit au fil de l’histoire. Ils ont tous un rôle capital et chacun apporte son grain de sel dans l’intrigue.
L’histoire en elle-même est bien écrite, très claire et fluide. Les chapitres sont longs mais ont des paragraphes très bien découpés ce qui permet d’arrêter la lecture sans être perdu. L’auteur nous fait passer d’une scène à l’autre avec une facilité déconcertante.
Le nombre de personnages, de lieux et de titres de noblesse peut impressionner au départ et donner la sensation que la lecture sera difficile à suivre. Or, on s’y habitue très rapidement et on passe d’un personnage à l’autre sans se mélanger.

J’ai trouvé que la place sociale des domestiques n’était pas mise en avant puisqu’on entend peu parler d’eux. En revanche, la relation de confiance entre un domestique et son maitre ou sa maitresse est abordée.

En définitive, étant une grande amatrice d’histoires de famille et de romans historiques, je n’ai pas du tout été déçue ! Julian Fellowes nous plonge à merveille dans l’univers londonien du 19e siècle avec tous ses discours très courtois mais remplis de sous-entendus. Pour les amateurs du même genre, je le conseille.

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